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La maternité ne vaccine pas contre les stéréotypes

  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture


"En tant que mère, tu devrais comprendre"

J'ai longtemps cru qu'être une femme manager ou RH et avoir soi-même des enfants, signifiait “comprendre naturellement” les défis vécus par les parents.
Comme si le simple fait d'avoir des enfants garantissait automatiquement bienveillance, empathie et soutien envers les autres parents.

Et c'est peut-être là que réside le plus grand paradoxe.


Pourtant, l'expérience montre souvent l'inverse.
Les remarques les plus dures sur une grossesse, un congé maternité ou les contraintes parentales ne viennent pas toujours d'hommes.

Elles peuvent aussi venir de femmes.
De mères.
D'amies.
De managers
Et même de professionnelles RH qui ont pourtant traversé les mêmes étapes.

Pourquoi ?
Parce qu'avoir vécu une discrimination ne nous empêche pas nécessairement de la reproduire.
Parce que nous avons parfois intégré des normes exigeantes :
« Moi, je suis revenue au bout de X semaines. »
« Moi, je n'ai jamais laissé mes contraintes familiales impacter mon travail. »
« Moi, j'ai réussi malgré tout. »
« Moi, j’ai un peu sacrifié ma famille pour en arriver là. »

Et sans nous en rendre compte, nous transformons notre parcours personnel en standard universel.


Oui, la maternité peut développer l'empathie.
Mais elle ne nous rend pas automatiquement inclusives.

L'inclusion n'est pas une conséquence naturelle de l'expérience vécue, c'est un travail conscient.
C'est la capacité à reconnaître que le parcours qui a été possible pour moi, ne l'est pas forcément pour les autres.

C'est la capacité à accepter que le parcours qui a été le mien et les sacrifices que j’ai accepté de faire, ne soient pas une norme pour les autres.

C'est se surprendre à penser :
« Si elle est vraiment motivée, elle trouvera une solution. »
« Quand mes enfants étaient petits, je ne partais jamais avant 19h. »

Des phrases rarement prononcées avec de mauvaises intentions mais qui, à force, ferment des portes.

Le plus difficile n'est pas de reconnaître les biais des autres.

C'est d'identifier ceux que nous portons nous-mêmes.


Être mère ne nous empêche pas de porter ces jugements.
Parfois même, cela nous y pousse.
Parce que nous avons appris à tenir coûte que coûte.
À minimiser notre fatigue.
À cacher nos contraintes.
À prouver que la maternité ne nous ralentissait pas.

Alors, nous attendons inconsciemment des autres qu'elles fassent la même chose.
Et c'est peut-être là le véritable défi.
Ne pas demander aux autres de survivre aux règles qui nous ont été imposées.
Mais avoir le courage de les remettre en question.

Être mère ne fait pas automatiquement de nous des managers bienveillants.
Reconnaître nos propres contradictions est peut-être le premier pas vers un management plus humain.

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